07/07/2015

Le 7 juillet 2005 dans le métro londonien, une série "d'atroces coïncidences" !

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Le 7 juillet 2005 dans le métro londonien, une série "d'atroces coïncidences" !

 

"Pour moi, j'ai juste l'impression que tout, absolument tout ce matin-là a comploté pour s'assurer que je serais dans ce wagon à cette heure-là, avec le kamikaze", raconte Gill Hicks, dix ans après le drame sur le site du Huffington Post.

 

Le 7 juillet 2005, il y a exactement dix ans, quatre explosions ont retenti dans les transports publics de Londres, faisant 56 morts et 700 blessés. À 8h50 ce matin-là, Gill Hicks se trouvait dans le métro pour aller au travail, tout près du jeune kamikaze Germaine Lindsay lorsqu'il a déclenché sa bombe entre les stations Russell Square et King's Cross, relate le Huffington Post. 26 personnes ont été tuées dans ce wagon, tandis que Gill a eu les jambes arrachées. 

Pour Gill, 47 ans, "toute personne qui prend le métro tous les jours s'identifie vraiment à l'histoire de quelqu'un qui a vécu le 7 juillet." Elle déclare: "Pour moi, j'ai juste l'impression que tout, absolument tout ce matin-là a comploté pour s'assurer que je serais dans ce wagon à cette heure-là, avec le kamikaze."

D'habitude, je ne prends pas ce métro
C'était un jeudi, se souvient Gill. Elle est en retard parce qu'elle a eu "une grosse engueulade" avec son fiancé. "D'habitude, je ne prends pas ce métro, je ne suis jamais en retard pour aller au travail, mais ce matin-là si. Je me suis rendue jusqu'à ma station habituelle mais je n'avais pas ma carte de transport, j'ai donc dû acheter un ticket à l'unité."

Quand le métro arrive, il est bondé. Mais Gill veut absolument monter dedans. "Je me souviens de la vigueur que j'ai déployée pour ne pas être repoussée sur le quai, alors que tout le monde essayait de se faire une place."

C'était comme une inspiration
Au moment de l'explosion, Gill raconte qu'elle ne s'est rendu compte de rien. "C'était comme prendre une inspiration, ça a été aussi rapide que ça. Tout a soudainement été plongé dans une obscurité palpable, étouffante." Elle a d'abord cru qu'elle était morte, puis elle a entendu les cris des autres passagers. "Ça m'a donné l'étrange impression réconfortante que, quoi qu'il soit arrivé: d'abord, je n'étais pas morte, et qu'ensuite nous étions tous ensemble dans cette galère."

"Je ne ressentais absolument aucune douleur", poursuit Gill. "Je n'avais donc pas conscience de la perte de mes deux jambes. Elles restaient à moitié attachées par des lambeaux de peau, et le reste faisait penser à une planche d'anatomie. Mon cerveau percevait tout cela, essayait d'analyser et disait, pour m'apaiser: Gill, ça a l'air bien plus grave que ça ne l'est en réalité, ne t'inquiète pas. J'essayais même de rassurer les autres en leur disant: Tout va bien se passer, tout ça est bien moins grave que ça n'en a l'air."

J'ai été voir mes jambes à la morgue
Plus tard, après avoir perdu 75% de son sang, Gill a repris connaissance à l'hôpital. "Ils avaient réussi à rapporter mes jambes à l'hôpital. Je n'arrivais pas à croire qu'elles étaient là." Elle a demandé à les voir, une dernière fois. "Ils ont donc préparé les jambes du mieux qu'ils pouvaient, et je suis allée les voir à la morgue, posées sur un coussin spécial. C'était un peu comme aller voir un proche décédé, mais là c'était des jambes."

"Je suis encore aujourd'hui, 10 ans après, sidérée de ce que notre corps est capable de faire", confie Gill. "Si quelqu'un m'avait dit 'voilà ce qui va t'arriver aujourd'hui', j'aurais répondu que je ne pourrais jamais y faire face."

Croit-elle au destin? "J'ai des sentiments mitigés. J'ai rencontré les enfants d'un homme qui a été tué dans le wagon. J'étais face à ces deux adorables bambins, et je me suis dit: Comment penser que c'est la destinée? En quoi leur enlever leur père pourrait-être leur destinée, et sa destinée?"

Quelques secondes qui peuvent tout changer
Ce qui l'a surtout frappée, c'est l'incroyable hasard qui peut faire basculer nos existences. "C'est ce qui m'émeut: cette nuance. À quelques secondes près, mon histoire aurait été tout à fait différente."

Voilà ce que je vais faire de ma vie
Alors qu'elle se trouvait entre la vie et mort dans le métro, Gill a pensé à l'avenir. "Sans tomber dans le spirituel, je me suis vraiment promis dans ce wagon que si je survivais, je me consacrerais totalement à améliorer les choses, mais je ne savais pas encore de quelle manière. Je ne savais pas que c'était un attentat terroriste. Quand je l'ai appris, c'est soudain devenu limpide: Ah, voilà ce que je vais faire de ma vie."

Depuis dix ans, elle a quitté son travail dans le design pour se consacrer à la lutte contre l'extrémisme. "Il faut faire beaucoup plus pour la prévention", explique-t-elle. "Qui peut choisir de partir dans un camp en Syrie quand il a chez lui tout ce dont il a besoin? C'est un grand saut, et nous devons nous efforcer de comprendre ce processus."
 

 

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Commentaires

ce genre d'atrocité glace le sang ...

Écrit par : TooTsie22 | 07/07/2015

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