31/01/2016

"Pendant cinquante ans, j'ai caché qui j'étais"

1.000, j'ai caché qui j'étais livre.jpg"Pendant cinquante ans, j'ai caché qui j'étais"

 

Jusqu'à ses 60 ans, Mathilde a vécu dans le corps d'un homme, Thierry.

Paru le 25 janvier aux éditions Carnets Nord, "Choisir de vivre" est le récit bouleversant de Mathilde, 65 ans. "Parler de moi ne fait pas partie des choses que j'aime mais je le fais pour deux raisons", explique cette ancienne photographe et grand reporter pour la télévision. "D'abord pour celles et ceux qui se sentent prisonniers de leur propre corps, parce que c'est le livre d'un passage réussi, et puis j'ai aussi l'espérance de lever une partie du voile sur un tabou important de notre société, et d'entrouvrir les esprits les plus fermés."

 

Pendant 50 ans, Mathilde a caché qui elle était vraiment. Piégée dans un corps d'homme, elle a toujours ressenti en elle une dualité. Un "choix impossible" entre deux identités, confie l'auteur sur le site du Huffington Post. "Alors la société a choisi pour moi car la société doit savoir, pour nous classifier. Classée garçon par le sexe, je devais être garçon par le genre, il n'y avait pas à discuter. Une partition de mâle me fut confiée pour que je l'apprenne et que je la joue de mon mieux. Encadrée par les lois et les règles sacrées, je n'avais plus de choix."

 

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Un beau jour, ce fut la délivrance. "Par amour j'ai dit mon mal-être et par amour, ma compagne d'alors m'a soutenue et encouragée pour que je prenne enfin ce train, vers la gare de l'autre genre, destination Bonheur. Je partais vers l'opération qui me permettrait d'être heureuse, d'être moi et qu'importe le risque car je suis sûre qu'il vaut mieux ne pas être, plutôt qu'être ce que l'on n'est pas."

 

Dans son roman, Mathilde parle de ses souffrances mais surtout de sa grande victoire. "Le bonheur est souvent facile à atteindre si nous ne mettons pas entre lui et nous des chausse-trappes sociales ou religieuses qui nous le rendent inaccessible. C'est ma certitude", écrit-elle encore.

 

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