17/02/2016

Un squelette va être autopsié, un siècle après sa découverte dans un manoir

11._squelette-ernest-va-etre-transporte-pole-expertise-judiciaire-cergy-pontoise.jpgUn squelette va être autopsié, un siècle après sa découverte dans un manoir

 

Un squelette découvert en 1913 dans un manoir de Saint-Pierre-de-Frugie, en Dordogne va être autopsié pour éclairer le mystère qui l'entoure...

 

Un squelette baptisé Ernest a été découvert en 1913 par des maçons qui creusaient une cave dans une dépendance du manoir de Montcigoux, à Saint-Pierre-de-Frugie en Dordogne. A l’époque personne ne cherche vraiment à en savoir plus sur les ossements et ils sont conservés par le châtelain de l’époque, scellés dans un petit cercueil en verre. Ce lundi, le squelette a quitté le Périgord encadré de gendarmes, qui vont l’escorter jusqu’au pôle d’expertise judiciaire de Cergy-Pontoise chargé de son autopsie

 

Une légende locale forgée par un journal

En 1933, un chroniqueur du journal local, « Le Courrier du Centre », publie une série d’articles prétendant relater sa véritable histoire mais virant au roman populaire plutôt qu’à l’enquête journalistique. Il raconte que la dépouille est celle de l’ancien maître du domaine, Ernest de Fontaubert, parti un jour de 1850 avec sa sœur Ernestine faire fortune avec les chercheurs d’or en Californie.

 

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A son retour en France, il aurait été assassiné à la hache par son frère cadet, Arthur, jaloux d’être tenu à l’écart des affaires familiales et prétendument écœuré par la relation incestueuse qu’auraient entretenue son frère et sa sœur. Le couple incestueux aurait même enterré ses enfants mort-nés sur le domaine. L’histoire se transmet de génération en génération et inspira d’ailleurs Robert Margerit, qui l’utilisa comme toile de fond de son roman « La Terre Aux Loups », paru en 1958.

 

Un historien amateur mène l’enquête depuis 2011

Le mythe aurait pu perdurer sans la ténacité d’un historien amateur, Bernard Aumasson, qui juge « l’histoire cousue de fil blanc » et reprend secrètement l’enquête en 2011.

 

Deux ans plus tard, avec l’aide d’une généalogiste américaine qui a fouillé pour lui les archives de Calaveras (Californie) où Ernest et Ernestine étaient supposés avoir résidé durant la « Ruée vers l’or », c’est le coup de théâtre : le chef de famille,Ernest, est bien parti aux États-Unis, mais il n’en est jamais revenu ! En février 1862, il est découvert près de Cave City, assassiné et dépouillé de l’or qu’il transportait. En témoigne l’enquête du juge fédéral exhumée par le duo franco-américain.

 

Conforté par cette découverte, Bernard Aumasson s’acharne et met en évidence les nombreuses incohérences du sordide fait-divers relaté par la presse, ans pour autant parvenir à identifier la dépouille. Il est rejoint par des locaux qui se passionnent par l’histoire. « Car enfin, il y a un bien un cadavre, et qui se trouvait en un endroit curieux pour un mort », relève le colonel de gendarmerie Patrick Chabrol. Enfant du pays, c’est lui qui a proposé de conduire le squelette au pôle d’expertise judiciaire de la gendarmerie, dans son propre véhicule.

 

Rechercher les causes de la mort

A Cergy-Pontoise, les experts espèrent pouvoir « dater les ossements, établir le sexe et l’âge de la victime, mais aussi rechercher les causes de sa mort », explique-t-il.

 

Propriétaire du manoir depuis 1977, Gilbert Chabaud, maire de la commune de 400 habitants, se sépare de son drôle de locataire avec une certaine émotion. « Il n’est jamais parti d’ici », lâche-t-il. « Dès qu’il aura subi ces petits examens, il reviendra à sa place, nous le rendrons au village », assure le colonel Chabrol. 

 

 

 

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